Quand Didier Bidimbu signe un scandale à la Fédération de Karaté-Do du Congo !

Depuis plusieurs mois, la Fédération de Karaté-Do du Congo –FEKACO traverse une zone de turbulences sans précédent. Au cœur de la tempête: le ministre des Sports, Didier Budimbu, accusé d’ingérence et de manœuvres politiques pour remodeler la direction de cette discipline martiale. Cette crise met en péril la stabilité d’une fédération autrefois saluée pour ses performances continentales.
Fondée pour structurer et promouvoir la pratique du karaté en République Démocratique du Congo, la Fédération de Karaté-Do du Congo a longtemps été un bastion de discipline, de rigueur et de performance. Affiliée à la Fédération mondiale de karaté –WKF-, elle a permis à de nombreux athlètes congolais de briller sur la scène africaine, notamment lors des Championnats d’Afrique de karaté, où la RDC a récemment décroché sa première médaille d’or en juillet 2025 au Nigeria. La Fédération de Karaté-Do du Congo a également joué un rôle central dans la formation des jeunes, l’organisation de c o m p é t i t i o n s nationales et la diffusion des valeurs du karaté: respect, maîtrise de soi et persévérance. Mais derrière cette façade de réussite, des tensions internes couvaient depuis plusieurs mois.
Une crise ouverte: la suspension de Freddy L’A Kombo
Le 26 août 2025, un communiqué du ministère des Sports a officialisé la suspension de Freddy L’A Kombo, président de la FEKACO, pour « c o m p o r t e m e n t répréhensible » lors d’une cérémonie officielle à la présidence de la République le 9 août. Cette cérémonie visait à honorer les karatékas congolais médaillés, mais a tourné au vinaigre après un incident impliquant L’A Kombo, jugé irrespectueux envers le protocole présidentiel. Le ministre Didier Budimbu a alors pris une décision radicale: interdire à L’A Kombo l’accès aux installations sportives et toute représentation de la fédération, tout en exigeant du comité exécutif un rapport disciplinaire sous cinq jours. Une mesure perçue par plusieurs observateurs comme disproportionnée et politiquement motivée.
L’ombre du ministre Budimbu: entre autorité et calcul politique
Les critiques fusent ainsi de toutes parts contre Didier Budimbu, accusé de vouloir placer ses proches à la tête de la Fédération de Karaté-Do du Congo. Des voix s’élèvent pour dénoncer une stratégie d ’ « i n f i l t r a t i o n politique» des fédérations sportives, visant à centraliser le pouvoir sportif entre les mains du ministère. Certains membres de la FEKACO évoquent une tentative de déstabilisation orchestrée, profitant d’un incident isolé pour justifier une purge.
Cette intervention soulève des questions sur l’autonomie des fédérations sportives en RDC. La FEKACO, comme d’autres structures sportives, est censée fonctionner de manière indépendante, avec des élections internes et des statuts propres. L’ingérence du ministre remet en cause cet équilibre fragile.
Un avenir incertain pour le karaté congolais
La crise actuelle pourrait avoir, si l’on n’y prend garde, des conséquences durables sur le développement du karaté en RDC. En sapant la légitimité des dirigeants élus, le ministère risque de décourager les athlètes, les entraîneurs et les p a r t e n a i r e s internationaux. Déjà, des rumeurs circulent sur un possible gel des financements et une suspension de la FEKACO par les instances africaines si l’ingérence politique se confirme. Plus grave encore, cette situation pourrait démobiliser une jeunesse passionnée, qui voyait dans le karaté une voie d’émancipation et de réussite. La politisation du sport, loin de renforcer les institutions, affaiblit leur crédibilité et compromet les efforts de professionnalisation engagés depuis plusieurs années. En somme, la Fédération de Karaté Do du Congo se trouve à la croisée des chemins. Soit elle parvient à restaurer son autonomie et à apaiser les tensions internes, soit elle risque de sombrer dans une crise durable, au détriment de toute une génération de karatékas. Le ministre Budimbu, quant à lui, devra répondre de ses actes devant l’opinion publique et les instances sportives, car l’avenir du karaté congolais ne saurait être sacrifié sur l’autel des ambitions politiques. Beaucoup souhaitent même que le ministre soit rappelé à l’ordre par le président de la République Félix Tshisekedi, en sa qualité de premier sportif congolais.
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