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RDC: Voici comment l'état de siège dérape au Nord-Kivu et en Ituri !

Manifestations violemment réprimées, droits humains bafoués, arrestations arbitraires…L’état de siège décrété en mai2021« étouffe les droits de la population aux libertés d’expression »au Nord-Kivu et en Ituri, dénonce Human Rights Watch. 

En effer, dix mois après l’instauration de l’état de siège, le bilan de cette mesure d’exception, censée ramener la paix à l’Est du Congo, pourrait bien mince. 
Les attaques des groupes armés n’ont pas diminué et les victimes civiles se comptent toujours par centaine. A la mi-mars, 52 civils ont été tués en une seule nuit sur le territoire d’Irumu en Ituri, contre une trentaine la semaine précédente dans la province voisine du Nord-Kivu. 
Les massacres s’enchaînent, et l’état d’exception décrété par le président Tshisekedi semble s’installer dans la durée. Sans résultats sur le terrain de l’insécurité, l’état de siège a également placé les deux provinces sous cloche, en remplaçant les autorités civiles pour des militaires. 
Dès lors, la population, les journalistes, la société civile et les opposants politiques sont priés de soutenir la mesure gouvernementale et de taire toute critique.

Nous n’avons pas besoin de défenseurs des droits humains 
L’ONG Human Rights Watch (HRW) a documenté « plus d’une vingtaine de cas d’arrestations arbitraires, d’intimidations, de passages à tabac et de procédures judiciaires abusives en Ituri et au Nord-Kivu depuis septembre 2021 ». 
Les manifestations sont violemment réprimées. Au moins un activiste a été tué par les forces de sécurité à Beni. 
Le 24 janvier 2022, Mumbere  Ushindi, un jeune militant du mouvement citoyen a été visé par un tir de la police dans le ventre et a succombé à ses blessures.
Human Rights Watch dénonce également l’attitude du commandant de la police de Beni, le colonel Jean-Sébastien Kahuma, qui avait menacé les manifestants : « Ils ne reverront plus leurs frères et sœurs, ni les autres membres de leur famille (…) Nous n’avons pas besoin de défenseurs des droits humains, je suis le président des droits humains ». 
Le lendemain de ce meurtre, note Human Rights Watch, « la police a arrêté 12 activistes de Butembo qui se rendaient aux obsèques d’Ushindi à Beni. Ils ont passé deux nuits en détention avant d’être remis en liberté ».

Le surpeuplement des prisons s’est aggravé
Un avocat de la province d’Ituri, contacté par l’ONG des droits humains, a affirmé qu’il y avait une augmentation des arrestations et des détentions arbitraires depuis l’instauration de l’état de siège. « La justice militaire est utilisée comme instrument d’oppression. D’abord ils vous arrêtent, puis ils vous réclament de l’argent et cela vous oblige à négocier, et si vous n’avez pas d’argent, cela va être très difficile pour vous ». 
Un constat observé par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) qui relève que « le surpeuplement des prisons s’est aggravé » sous le régime de l’état de siège.
L’opposition politique est également visée par la répression. C’est le cas de Luc Malembe, membre de l’Ecidé, le parti de Martin  Fayulu. Ce cadre politique a été arrêté le 24 novembre dernier pour propagation de « fausses informations », après avoir critiqué l’état de siège sur les réseaux sociaux. 
Luc Malembe encourt jusqu’à trois ans de prison. Human Rights Watch a aussi documenté l’arrestation de 4 membres des parlements nationaux et provinciaux « pour s’être opposés à l’état de siège ». 
Deux d’entre eux sont toujours en détention préventive dans l’attente d’un procès. 13 membres de la Lucha ont enfin été arrêtés le 13 novembre pour « provocation et incitation à des manquements envers l’autorité publique ».

Une condamnation publique demandée
Selon Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC à Human Rights Watch, « L’état de siège n’a pas mis fin aux atrocités dans l’Est de la RD Congo, mais il étouffe les droits de la population aux libertés d’expression et de réunion pacifique, ainsi que son accès à une justice équitable ». 
L’ONG estime que le président Félix Tshisekedi « devrait reconnaître que les autorités militaires dans les deux provinces ont usé de leurs pouvoirs pour réprimer des détracteurs pacifiques » et demande qui les partenaires internationaux du Congo « condamnent publiquement la répression qui se poursuit au Nord-Kivu et en Ituri ».

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